vivre du blogging en Afrique subsaharienne francophone mythe ou réalité

VIVRE DU BLOGGING EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE FRANCOPHONE : MYTHE OU RÉALITÉ ?

Cher lecteur, en prélude à la journée mondiale du blogging (31 août), je vais aborder un sujet sensible pour tous ceux et toutes celles qui tiennent des journaux numériques : la monétisation.

Plus spécifiquement, la monétisation des blogs en Afrique subsaharienne francophone.

Quand j’ai décidé de passer à la vitesse supérieure avec mon blog, je me suis naturellement mise à rechercher des moyens de le monétiser. À cette occasion, Google n’a pas été un ami fidèle… Bien sûr qu’il m’a fourni des résultats, mais ces derniers étaient tout simplement inadaptés à mon environnement.

Tu as de la peine à comprendre de quoi je parle ? Laisses moi te conduire dans le merveilleux monde du blogging en Afrique noire francophone.

Attention : cet article est très complet et risque de faire voler certains de tes rêves en éclats…

vivre du blogging en Afrique mythe ou réalité - pin it!

Cher lecteur, tu me connais. Je ne manie pas la langue de bois, surtout lorsqu’il s’agit d’entrepreneuriat ou de blogging.

Ce n’est pas parce qu’un domaine est plébiscité de part et d’autre que cela signifie qu’il est la réponse à tous les problèmes. Il te suffira de lire ma revue à venir (disponible le 15 octobre) sur la proposition de l’entrepreneuriat comme solution au chômage pour comprendre qu’en cas d’âme sensible, mieux vaut ne pas me lire.

Est-ce qu’actuellement, il est possible de vivre du blogging en Afrique noire francophone ? De façon directe : non. De façon indirecte : oui.

Par gains directs liés au blogging, j’entends articles sponsorisés et revenus publicitaires. Par revenus indirects… je préfère garder un peu de mystère. Tu le sauras plus en avant..

Le blogueur en Afrique subsaharienne est confronté à plusieurs problèmes, certains sont indépendant de sa volonté et d’autres sont liés à ses actes. Commençons par ceux qui seront les plus faciles à accepter car indépendants du blogueur ou de l’aspirant blogueur.

 

Les facteurs exogènes qui limitent le blogueur en Afrique francophone subsaharienne

L’absence d’un véritable système de livraison

Peu de personnes ont une boîte postale et ces dernières ne sont pas liées aux domiciles. Quant au système d’adressage… il n’existe que sur le papier.

Concrètement, cela signifie que si tu décides de vendre un livre ou des vêtements au-travers de son site web, la livraison sera une vraie galère, un gouffre financier et une partie extrêmement chronophage de ton business.

Oublies le concept des revenus passifs grâce à l’e-commerce ou au dropshipping ! En Afrique noire, tu vas bosser avant, pendant et après la transaction.

vivre de son blog en Afrique noire

Cela limite aussi énormément la création de partenariats avec des marques étrangères.

Si une entreprise désire t’envoyer des produits, ça risque d’être compliqué. J’ai déjà eût à recevoir plusieurs articles d’Aliexpress sans rencontrer d’écueils. Mais, j’ai perdu une collaboration avec JJ’s house à cause des méthodes de livraison. La marque a préféré se retirer plutôt que d’affronter le grand méchant système logistique.

Les autres partenariats que j’ai pu obtenir avaient tous trait à des produits numériques ou à la rédaction d’articles de blog. D’ailleurs (instant publicité), tu peux me contacter ici pour toutes collaborations.

Des moyens de paiement en ligne quasi-inexistants

Conclure une transaction débutée online par un moyen de paiement offline n’est pas ergonomique. Le taux de bancarisation est faible, donc peu de personnes vont acheter sur internet.

Si tu veux te faire payer en EUR, US ou en YEN, il est possible d’ouvrir un compte off-shore avec Payooner (lien sponsorisé : tu gagneras 25 USD à ton inscription, tout comme moi) et de retirer tes gains dans ton pays de résidence.

Tu n’auras donc aucune peine à vendre ton produit ou tes services à l’étranger. Mais sur le plan local, c’est une autre paire de manches…

Le faible taux de pénétration d’internet

En Afrique, 50% de la population est offline. Au Cameroun, le taux de pénétration d’internet avoisine les 20%. Ce sont des faits. Des statistiques. Des éléments tangibles, mesurés et vérifiés.

En tant que blogueur africain, gardes à l’esprit que ta visibilité dans ton environnement direct est assez faible. Ça fait mal, mais c’est la vérité. À titre d’illustration, le Cameroun ne représente que 2,5 % de mon audience.

pourquoi les marques restent loin des blogueurs africains - pin it!

Il est donc difficile d’obtenir une réelle influence locale en tant que blogueur. Je dis réelle influence, car je ne considère pas le fait d’impacter les membres de sa famille, ses amis, ou connaissances amicales comme de l’influence.

Pour moi, être influenceur, c’est être capable d’induire un changement de comportement tangible chez une personne qui n’a aucune forme de lien avec soi.

C’est qu’une personne qui ne te connaisse ni d’Adam, ni d’Ève achète un produit parce que tu l’as recommandé sur ton blog ou vlog. C’est qu’elle adopte un comportement différent parce que tu l’as motivé à le faire.

Ce n’est pas évoluer dans un microcosme et influencer un vase clos. Or, internet ne fait pas partie intégrante du quotidien de l’Africain lambda. Il est donc difficile pour les blogueurs d’obtenir un fort impact tangible au-niveau local.

Sur le plan mondial, Pinterest qui est une plateforme pour laquelle j’ai une admiration sans bornes, te permet de faire connaître en quelques clics. C’est pourquoi elle fait partie du kit recommandé aux blogueurs débutants et que j’ai consacré tout un article à sa prise en main.

Voilà !

Maintenant que j’ai mis le dernier point de la partie agréable, il est temps de libérer les fauves. Cher lecteur, j’espère que tu as de quoi te rafraîchir. Voici venir les attitudes des blogueurs d’Afrique noire qui limitent leur progression.

 

Pourquoi les blogueurs africains ont autant de peine à attirer les marques ?

3 raisons majeures : le manque de régularité dans la production de contenus, la prostitution littéraire et des articles trop légers.

Encore là ? Si oui, nous pouvons continuer.

Pourquoi est-il important de publier régulièrement sur son blog ?

Si on écrit, c’est aussi pour être lu. Je sais qu’il est difficile de persévérer quand on n’a pas d’audience. Mon 1er mois, j’ai fait 43 vues pour 22 visiteurs uniques…

Je sais aussi qu’il est difficile de produire régulièrement du contenu lorsque ce n’est pas un travail à temps plein et de surcroît, que les gains ne sont pas visibles.

Cela fait 2 ans que je blogue. Il y’a tellement de choses que j’aurais aimé savoir avant d’ouvrir mon blog notamment dans le domaine de la rédaction web et de la planification.

Il est important de publier régulièrement sur son blog car cela permet d’améliorer son référencement, de garder le contact avec ses lecteurs et surtout de gagner en crédibilité.

pourquoi publier régulièrement sur son blog est indispensable - blogging en afrique noire

En recherchant des invités pour cet article, je peux te dire que j’en ai vu des mûres et des pas mûres. J’ai consulté les sites web de blogueurs professionnels dont le dernier article datait de 2017, d’autres qui publient 1 fois tous les 6 mois…

C’est difficile de publier régulièrement mais ancres bien la phrase suivante dans ton esprit :

« Le contenu est le roi, le marketing est un indispensable, mais c’est la régularité qui fait toute la différence. »

Je sais que tu es occupé mais il existe des moyens simples pour travailler mieux, pas plus.

Si tu lis cet article, c’est parce que tu es à la recherche d’un moyen de gagner ta vie grâce à internet. Que les choses soient claires : vivre du blogging est comme tout métier, il faut de la persévérance et de la régularité pour se frayer un chemin.

La prostitution littéraire chez les blogueurs africains

Pour être rémunéré pour un service, il faut disposer d’une expertise reconnue dans ce domaine. Et c’est là que le bât blesse : peu de blogueurs africains suivent une réelle ligne de conduite.

On peut avoir un blog fourre-tout et rester cohérent.

Ce qui n’est pas correct, c’est de sauter du coq à l’âne à tout bout de champ en fonction de la direction du vent.

Je vais essayer d’être un peu plus claire…

C’est faire des revues d’entrepreneur numérique sur un blog de mode. C’est encenser telle politique publique lundi et la renier mardi. C’est adopter un point de vue juste pour l’argent ou parce que « tout le monde », « on », et « notoriété publique » l’érigent en paroles d’évangiles.

En passant, si quelqu’un a l’adresse de ces 3 sources omniscientes, je suis preneuse.

prostitution littéraire chez les blogueurs africains - vivre du blogging en afrique

Oui, je sais. Je suis dure. Mais ce n’est ni pour blesser, ni pour offenser.

Il faut garder à l’esprit que si une marque de cosmétiques contacte une blogueuse pour un test de produit, c’est avant tout parce qu’elle pense que l’audimat de cette blogueuse se trouve être son public cible.

En changeant de visage comme de sous-vêtements, il est impossible de construire une relation unique avec des personnes spécifiques. Acquérir une audience fidèle et attirer les entreprises révèle alors plus d’un mirage que d’une réalité…

Privilégier les articles de fond

Une étude réalisée par Buzzsumo a révélé que les articles qui obtenaient le plus de partage contenaient entre 3 000 et 10 000 mots. SerpIQ estime le nombre optimal de mots à 2 450.

Même si ces résultats sont différents, il n’en reste pas moins qu’ils mettent à jour la même réalité : les articles de fond sont ceux qui génèrent le plus de trafic.

ces comportements qui tuent les blogueurs africains - pin it!

Tu n’es pas obligé d’aller jusqu’à 2 000 mots pour chaque article, mais essaies de réaliser des articles renfermant au moins 1 000 mots.

Certaines sources penchent pour 500 à 800 mots, mais je reste sur 1 000 mots tout en précisant que cela dépend du secteur. En outre, il est préférable d’écrire un texte qualitatif de 500 mots plutôt qu’un article creux de 2 500 mots.

Il est vrai que je me suis brouillé avec Facebook depuis fort longtemps, mais cela n’empêche pas que je reconnaisse la plus-value des réseaux sociaux. Tout comme les réseaux sociaux, les blogs ont leur propre dynamique de fonctionnement.

250 mots pour une publication Facebook est un texte de fond… sur Facebook.

Les articles de blog te donnent l’occasion d’explorer un domaine sous toutes les coutures, d’en examiner chaque facette, de gratter minutieusement chaque couche. Pourquoi t’en priver ?

Comment vivre du blogging en Afrique francophone subsaharienne ?

Les articles sponsorisés et les publicités au coût par clic ont déjà été écartés. Cependant, ne te décourages pas. Ouvrir un blog peut te rapporter gros et te permettre de gagner ta vie bien au chaud derrière ton écran. Comment ? En devenant prestataire de services !

Dispenser ton savoir au-travers de formations

Comme mentionné plus haut, les formations en ligne ne trouveront pas forcément écho chez la population locale. C’est pourquoi, si tes voisins directs sont ta cible, il est plutôt recommandé de dispenser des sessions de formations en présentiel.

Si par contre, tu as décidé de faire du monde ton terrain de jeu, c’est tout à fait possible ! Il te suffit d’un blog, d’un moyen de recevoir des paiements internationaux et de beaucoup d’huile de coude.

Devenir speaker

Cette solution ne convient pas forcément à tout le monde. Certaines personnes ont fait le choix de bloguer anonymement et n’ont peut-être pas envie de voir leur visage en gros sur des affiches publicitaires.

Dans le cas contraire, profites de ta notoriété durement gagnée et deviens speaker dans des événements. Le digital est un domaine très à la mode, je suis sûre que les événements Tech ne manquent pas dans ta région.

5 vraies stratégies pour vivre de son blog en Afrique noire subsaharienne - pin it!

Ne sois pas un spectateur passif, prends les devants et démarches les organisateurs.

Au début, tu devras probablement travailler gratuitement pour démontrer ta valeur. Tu essuieras aussi beaucoup de rejets. Mais, eh ?! Qui a dit que la route vers le succès était pavée de sable chaud ?

Surfer sur ta notoriété pour vendre des produits

Et là, tu te dis : « N’as t-elle pas dit plus haut que l’e-commerce était une mauvaise idée ? ». Ouvrir un site e-commerce est effectivement une mauvaise idée mais profiter de sa célébrité pour lancer sa marque est tout à fait réalisable.

Parce que tu auras déjà une audience qualifiée, tu auras moins d’efforts à fournir pour faire dire oui à ton premier client. Tu te serviras de ta célébrité pour devenir le brand ambassador de ta propre enseigne.

Lancer un site d’e-commerce comme Aliexpress, Amazon, etc. pour gagner de l’argent avec ton blog n’est pas une stratégie efficace en Afrique subsaharienne francophone. À vrai dire, c’est même un suicide financier.

Par contre, te servir de ton blog comme vitrine de ton talent est un excellent moyen de d’obtenir des clients, et donc de faire rentrer de l’argent.

Ce qui me permet de rebondir sur le point suivant.

Proposer tes services en rédaction web

Plus tu écriras, plus ta vitesse de frappe et ton style s’amélioreront. La rédaction web a ses codes, et au fil du temps, tu les maîtriseras sur le bout des doigts.

Il existe des milliers de personnes qui ont besoin de textes publicitaires pensés pour plaire à Google tout en séduisant les lecteurs. Un besoin + une solution = un contrat de vente.

Proposes tes services en tant que rédacteur web.

devenir rédacteur web pour vivre du blogging en Afrique noire francophone subsaharienne

C’est ce que j’ai fait et je peux t’assurer que je ne le regrette pas. Que ce soit au-travers de ma page contacts ou de plateformes de mise en relation, chaque jour, j’aide des entreprises à accroître leurs visibilités sur la toile moyennant finances.

Le tout sans devoir affronter les embouteillages de Yaoundé, ni revêtir un tailleur chaque matin.

Le rêve !

L’affiliation

Last but not least, l’affiliation.

Le principe est simple : tu disposes d’un lien spécifique ou d’un code promotionnel particulier. A chaque fois qu’une personne réalise un achat en utilisant ton lien ou ton code, tu gagnes de l’argent.

Tu as croisé un lien affilié au cours de ta lecture de cet article.

Il s’agissait de celui pointant vers Payooner, une plateforme de création de comptes off-shore. Tu pourrais t’inscrire par toi-même, mais tu n’aurais pas droit aux 25 dollars USD octroyés par mon lien de parrainage.

Est-ce que je gagnerais de l’argent lors de ton inscription ? Oui. 25 USD tout comme toi.

Tu gagnes, je gagne, nous gagnons et tout le monde est content ! C’est aussi ça le blogging rémunéré : proposer des services à valeur ajoutée à ses lecteurs tout en étant capable de générer des revenus.

Quels sont les problèmes auxquels tu te heurtes dans ta vie de blogueur ? As-tu des solutions efficaces pour vivre de son blog ?

4 réflexions sur “VIVRE DU BLOGGING EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE FRANCOPHONE : MYTHE OU RÉALITÉ ?

  1. C’est difficile d’avoir de l’eau courante et l’électricité en Afrique, alors je suppose qu’internet est le cadet de leurs soucis. Je n’ai jamais penser à monétiser mon blog. Pourtant, il me coûte une belle somme annuellement pour l’hébergement et le nettoyer des pubs imptensives. On a des vues correctes pour un petit blog de lecture, mais si on veut le rentabiliser, il nous faudra diversifier. Chose impossible pour manque de temps ! Je te souhaite de réussir le challenge !

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