la réponse physique au procédé orgasmique

LA RÉPONSE PHYSIQUE AU PROCÉDÉ ORGASMIQUE

Cher lecteur, dis-moi, qu’est-ce qu’un orgasme ? Tous ceux qui en ont déjà eu ne peuvent le décrire qu’en émotions et analogies. Une chose est sûre : c’est une sensation puissante que l’on ne peut guère oublier. Paradoxalement, c’est l’un des phénomènes les plus étudiés mais aussi l’un des moins compris. Longtemps considéré comme obligatoire à la réussite d’un acte sexuel, à un moment décrit comme anormal chez la femme, pas nécessaire lié à un acte sexuel, l’orgasme n’a pas fini de faire couler beaucoup d’encre et de pixels. Cher lecteur, ici et maintenant, je t’invite à mettre ton inhibition de côté et à découvrir un peu plus sur ce phénomène, qui je l’espère, fait partie intégrale de ton quotidien.

 

UN CHEMIN A 2 VOIES

modèles de l'orgasme - explication scientifique

L’orgasme, c’est un peu comme le monstre du Loch Ness : tout le monde en parle, tout le monde a un avis dessus et personne ne peut clairement l’expliquer. En sexologie, deux théories s’opposent quant au chemin pour arriver au sacro saint aaahhh de satisfaction. Il s’agit des modèles de Master-Johnson et de Kaplan.

Le modèle à 4 phases de Master et Johnson.

En 1996, Masters and Johnson, étudièrent les manifestations précédant l’orgasme sur plus de 600 personnes et décrivirent un modèle à 04 phases, valable pour les hommes et les femmes.

  1. Excitation : Chez la femme, suite à une stimulation sexuelle, les vaisseaux sanguins présents dans la zone génitale se dilatent. L’augmentation du flux sanguin provoque le gonflement de la zone et les liquides traversent les membranes, rendant ainsi la vulve gonflée et humide. Intérieurement, le vagin se dilate. Le rythme cardiaque et la respiration s’accélèrent, et sous l’effet de la dilatation des vaisseaux, il se peut que la femme rougisse.

Chez l’homme, c’est plus facile à apercevoir. En cas de stimulation, il obtient une érection. Le sang afflue dans la corpora, provoquant la croissance et la rigidité du pénis. Les testicules remontent tandis que le scrotum se resserre.

  1. Plateau : Chez la femme, une fois que l’afflux sanguin atteint sa limite dans l’introitus (la partie inférieure du vagin), ce dernier devient ferme. Le volume des seins augmente d’environ 25% et l’afflux sanguin fait permettre les auréoles plus larges et provoque l’érection des tétons. Le clitoris se retire vers l’os pubien, semblant ainsi plus petit.

Chez l’homme, c’est le moment où le gland et les testicules augmentent de volume. A cela s’ajoute la contraction des muscles, l’augmentation de la pression sanguine, du pouls et du rythme de la respiration.

  1. Orgasme : Les muscles génitaux, incluant l’utérus et l’introitus, expérimentent des contractions rythmiques espacées d’environ 0.8 secondes. En moyenne, l’orgasme féminin dure plus longtemps que celui de l’Homme et a une durée oscillant entre 13-51 secondes.

Chez l’homme, le semen, un mélange de spermatozoïdes (5%) et de fluides (95%) est propulsé avec force dans l’urètre par une série de contractions des muscles pelviens, de la prostate, des vésicules séminales et du vas deferens.

  1. Résolution : C’est le moment où le corps revient à son état initial. Pour les individus masculins, ils entrent dans une période de récupération durant laquelle il ne peuvent plus avoir d’orgasmes. En fonction des individus, cela peut aller de quelques minutes à quelques jours, et la durée a tendance à croître avec l’âge.

A la différence des hommes, les femmes ont l’incroyable chance de ne pas avoir besoin de période réfractaire, ce qui leur permet d’avoir des orgasmes multiples.

C’est qui le sexe fort ?

Cher lecteur, si tu as déjà lu quelques revues scientifiques, tu sais à quels points les chercheurs aiment débattre… C’est l’essence même de leur métier : remettre en cause les théories proposées et examiner les failles des concepts déjà établis.

Suite à la publication de leurs résultats, Master et Johnson furent vivement critiqués, notamment par Hite, sur la méthodologie, le fait d’avoir eu recours à des prostituées comme sujets, la prise en considération exclusive des orgasmes féminins avec pénétration, ou même le fait qu’aucun couple homosexuel n’ait été incorporé au sein du protocole.

Aujourd’hui encore, ce modèle est remis en question. Tout comme celui proposé quelques années plus tôt par Kaplan.

Le modèle à 03 phases de Kaplan

Helen Singer Kaplan, était une chercheuse en sexologie, reconnue dans son domaine comme une référence et à l’origine de la première clinique spécialisée dans le traitement des troubles sexuels aux états-unis.

Selon elle, au cours de l’acte sexuel, intervenait un facteur crucial mais ô combien négligé : le désir. Un facteur psychologique paradoxal, à la fois important et facultatif, car toute activité sexuelle consentie n’implique pas forcément l’envie.

Suite à ses travaux (Kaplan (1979)), elle proposa un modèle à trois niveaux : le désir, l’excitation et l’orgasme.

Il va s’en dire que, comme beaucoup de modèles en sexologie, celui-ci n’est pas accepté par tous.

Une chose qu’il est difficile de remettre en question, c’est ce qui se passe dans l’organe le plus sexy de notre corps au moment où la pression érotique atteint son paroxysme.

 

BRAINS ON FIRE

brains on fire - ce qui se passe dans nos cerveaux au moment de l'orgasme

Peut-être le plus grand mystère de la science est de savoir comment une équipe de chercheurs a réussi à convaincre plusieurs personnes de se déshabiller puis de se masturber, ou de copuler, le tout bénévolement et dans l’environnement austère et aseptique d’un scanner fMRI…

C’est pourtant l’exploit relevé avec brio par Komisaruk et al. (2004).  De cette expérience particulière, il est ressorti que les hommes et les femmes ont presque la même activité neurologique durant l’orgasme. Et quelle activité !

Au pic orgasmique, les spots de commande de notre cerveau s’allument tels des guirlandes. L’une de ces zones est le nucleus accumbens, qui traite tout ce qui est relatif au plaisir et module la libération de la dopamine. En dehors du sexe, cette zone est aussi activée par la cocaïne, l’amphétamine, la caféine, la nicotine ou même le chocolat.

Que des plaisirs intenses, légaux ou pas, ce qui suggère que c’est le nucleus accumbeus qui nous transporte au 7e ciel au cours de l’orgasme.

Mais en dehors de te faire goûter aux plaisirs du paradis l’espace de quelques secondes, l’orgasme doit bien avoir d’autres objectifs.

 

1001 RAISONS D’AIMER L’ORGASME

1001 raisons d'aimer l'orgasme

Je te préviens tout de suite. 1001 raisons, c’est juste pour le titre. Maintenant que c’est clair, tu peux continuer.

Pendant longtemps, l’orgasme a été perçu comme une nécessité biologique, un procédé œuvrant à l’accomplissement de la reproduction humaine. De plus en plus d’études tendent à démontrer que ce n’est pas le cas. Il n’en reste pas moins que l’orgasme aurait des effets bénéfiques sur la santé.

En 1997, des études britanniques suggérèrent que le risque de mortalité décroît chez les hommes ayant une fréquence élevée d’orgasmes. De même, le risque de cancer de la prostate diminuerait au fil des éjaculations. C’est du moins ce qu’affirment les chercheurs de la Harvard Medical School. Selon eux, un homme qui éjaculerait 21 fois par mois aurait 20% de chances en moins de développer un cancer de la prostate.

Et bien évidemment, il y’a nos fidèles alliées : les hormones. Tu savais déjà qu’elles intervenaient dans le coup de foudre, maintenant tu sais qu’elles sont aussi libérées lors de l’orgasme. En tête de gondole, tu retrouves l’oxytocine, cette molécule du bonheur réputée pour son effet apaisant et enivrant.

Bien évidemment, toutes ces études ne disent pas exactement à quoi sert un orgasme. Elles nous suggèrent des pistes de solutions que nous sommes libres de croire ou pas.

Vu que nous sommes en plein dans les méandres de la présomption, cher lecteur, laisse-moi te conter une dernière histoire : la légende de Gräfenberg.

 

LA LÉGENDE DE GRÄFENBERG

la légende de grafenberg

Ernst Gräfenberg était un gynéco-obstétricien allemand. Il s’occupait des questions liées à la santé sexuelle et à la procréation chez les femmes. Rien d’anormal. Il était aussi impliqué dans la recherche médicale. Normal.

Mais en 1950, sa vie prît un tournant décisif. Dans une étude parue dans Le Journal International de la Sexologie, Ernst Gräfenberg décrit une zone érogène située dans la partie antérieure du vagin et qui sera en contact direct avec l’urètre de l’autre côté de la membrane. Une zone, tellement innervée, que le seul contact déclencherait un orgasme.

Le fameux point G était né !

Comme tout trésor digne de ce nom, de nombreuses expéditions ont été lancées en vue de le trouver.

Et comme toute légende qui se respecte, il n’existe pas de moyen de réfuter ou d’affirmer de façon catégorique son existence.

Toutefois, il semble exister une réelle différence entre les femmes ayant expérimenté un orgasme vaginal et les autres. Janini et al. (2008) ont démontré que les premières possédaient un espace urètro-vaginal plus épais que les deuxièmes.

Ce qui fera dit à Genes (2008) : « The G spot is found ! »

Mais très vite, des études (Vincentini (2008)) ont poussé à Jannini à réorienter ses travaux : « Le mot bouton fait référence à quelque chose que vous pouvez appuyer pour obtenir un orgasme ou un plaisir. Cela implique une structure concrète… »

Si le point G n’est pas un bouton, que peut ’il être ?

Pour nombre de chercheurs, il peut s’agir du clitoris. Mais ça, cher lecteur, c’est toute une autre histoire…

Cher lecteur, nous voici arrivé à cet article. Plus que 2.000 mots au cours desquels je n’ai pas pu te livrer des réponses clés en main. Crois-le ou non, de tous les décryptages scientifiques que j’ai eu à te proposer, celui-ci a été sans conteste le plus difficile à écrire. L’orgasme, on en parle beaucoup, mais au final, on en sait très peu de choses. C’est vraiment comme le monstre du Loch Ness : tout le monde en parle, tout le monde a une idée sur la question, mais personne ne peut décrire EXACTEMENT ce dont il est question. Je profite de cette allégorie pour te demander de laisser un petit mot en commentaires ou sur Facebook. Et avant de retourner expérimenter l’orgasme chez toi ou ailleurs, surtout, SURTOUT, abonnes toi au blog !

 

RÉFÉRENCES

Carlos Vicentini (2008) LETTERS TO THE EDITOR: Measurement of the Thickness of the Urethrovaginal Space in Women With or Without Orgasm: A Rebuttal. The Journal of Sexual Medecine 5(9): 2241

Emmanuelle A. Jannini (2008) Measurement of the Thickness of the Urethrovaginal Space in Women With or Without Vaginal Orgasm: A Response from the Study Authors. The Journal of Sexual Medecine 5(9): 2241-2242

Emmanuelle A. Jannini, Giovanni Luca Gravina, Fulvia Brandetti, Paolo Martini, Eleonora Carosa, Savino M. Di Stasi, Susanna Morano, Andrea Lenzi (2008) Measurement of the Thickness of the Urethrovaginal Space in Women with or without Vaginal Orgasm. The Journal of Sexual Medecine 5(3): 610-618

Ernst Gräfenberg (1950) The role of urethra in female orgasm. The International Journal of Sexology 3(3): 145-148.

Hite, Shere (2004). The Hite Report: A Nationwide Study of Female Sexuality. New York, NY: Seven Stories Press. pp. 512 pages. ISBN 1-58322-569-2. Retrieved March 2, 2012.

Hyde, J. S., DeLamater, J. D., & Byers, E. S. (2012). Understanding Human Sexuality, 5th ed. McGraw-Hill Ryerson.

Kaplan H. (1979) Disorders of Sexual Desire. Brunner/Mazel, New York, 1979.

Kinsey’s Alfred (1948) Sexual behavior in human male

Kinsey’s Alfred (1953) Sexual behavior in human female

Komisaruk BR, Whipple B, Crawford A, Liu WC, Kalnin A, Mosier K (2004) Brain activation during vaginocervical self-stimulation and orgasm in women with complete spinal cord injury: fMRI evidence of mediation by the vagus nerves. Brain Research 1024 (1-2): 77-88

Komisaruk BR, Wise Nan, Frangos Eleni, Liu Wen-Ching, Kachina Allen, Stuart Brody (2011) Women’s clitoris, vagina and cervix mapped on the sensory cortex: fMRI evidence. Journal of Sexual Medecine 8(10): 2822-2830

Linda Geddes (2008) News review: The G spot is found. NewScientist 200(2687): 36

Lloyd Elisabeth Anne (2005). The case of the female orgasm: bias in the science of evolution. Harvard University Press. pp. 21–53. ISBN 0-674-01706-4. Retrieved January 5, 2012.

Master William H, Johnson Virginia E (1996) Human sexual response. Toronto, New York. Bantam books.

NJ, Frangos E, Komisaruk BR. Brain Activity Unique to Orgasm in Women: An fMRI Analysis. J Sex Med

Robinson, P. (1976). The Modernization of Sex: Havelock Ellis, Alfred Kinsey, William Masters and Virginia Johnson. New York: Harper & Row, Publishers, Inc.

Stuart Brody, Rui Miguel Costa (2011) Vaginal Orgasm Is More Prevalent Among Women with a Prominent Tubercle of the Upper Lip. The Journal of Sexual Medecine 3(10): 2793-2799

Wise NJ, Frangos E, Komisaruk BR (2017) Brain activity unique to orgasm: a fMRI analysis. The Journal of Sexual Medecine 14(11): 1380-1391

 

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