l'horloge biologique existe-t-elle vraiment

L’HORLOGE BIOLOGIQUE EXISTE-T-ELLE RÉELLEMENT ?

Oui. Mais pas dans le sens où tu l’entends…

Que tu ais 20, 25, 45 ou 65 ans, tu as sans doute entendu parler de la fameuse « horloge biologique ». Tu sais… Ce prétendu minuteur qui commande à toutes les femmes de passer leur matériel génétique à un certain âge.

En tant que femme, as-tu réellement une date d’expiration en termes de fertilité ? Oui et cela s’appelle la ménopause. Les hommes ont une version équivalente, l’andropause, qui se caractérise par une chute drastique de la fertilité.

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Autant être honnête : cet article ne s’ouvrira pas par une négation du cycle de la nature. La ménopause et l’andropause existent. Toutefois, est-ce que cela signifie que ta psyché te conditionne à chercher un partenaire reproducteur à partir d’un certain âge ? Rien n’est moins sûr.

Cher lecteur, aujourd’hui, toi et moi allons avoir une discussion à cœurs ouverts sur le concept d’horloge biologique. Et pour être sûr que nous soyons sur la même longueur d’onde, commençons par une question facile : en fait, qu’entend-on par horloge biologique ?

Qu’est-ce que l’horloge biologique ?

Hum…

Dans les chaumières, c’est à ce moment que les protagonistes sortent leurs gants de boxe et campent sur leurs positions, prêts à expliquer à la partie à quel point elle a tort. Heureusement, sur ce blog, nous ne mangeons pas de ce pain. 😉

Qu'est-ce que l'horloge biologique

L’horloge biologique est un concept. C’est un courant idéologique selon laquelle à partir d’un âge, allant de 25 à 30 ans en fonction des milieux, les femmes ressentent un besoin viscéral d’avoir un enfant. J’insiste sur « viscéral ». Cette soif d’enfant devient une obsession et surtout, occupe la position centrale de toutes les décisions de la concernée.

Attention… Je ne dis pas que ce n’est pas un questionnement qui peut s’imposer. Pas du tout.

L’horloge biologique expliquée en des termes simples

En 2011, l’auteure Belle Boggs a été confrontée à une réalité acerbe : il se pourrait qu’elle n’ait jamais d’enfants.

Alors qu’elle enchaînait les traitements visant à accroître sa fertilité, sa vision du monde a complétement changé. De fil en aiguille, d’injections hormonales en injections, son introspection la poussa à rédiger l’excellent The art of waiting: on fertility, medicine and motherhood. Encore aujourd’hui, je pense que la meilleure explication de ce qu’est l’horloge biologique se trouve dans cet ouvrage.

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Interrogée par Belle Boggs, la sociologue Anna Rotkirch décrit l’horloge biologique comme étant « une émotion typique dans les sociétés où les femmes ont plusieurs choix ». Si cette description me plaît autant, c’est parce qu’elle met le doigt sur la genèse même du précepte de l’horloge biologique : « … les femmes ont plusieurs choix ».

Je répète : « … les femmes ont plusieurs choix ».

Horloge biologique et société moderne : une histoire d’amour indestructible

Dans les sociétés moins capitalistes, où l’existence est plus simple, femmes comme hommes ont beaucoup moins de chats à fouetter. Au vu de leurs conditions d’existence, ils sont occupés à satisfaire les trois étages basaux de la Pyramide de Maslow, à savoir :

  • les besoins physiologiques : respiration, faim, soif, sexualité, sommeil et élimination ;
  • la recherche d’un environnement stable, sans stress ni anxiété ;
  • les besoins d’appartenance et d’amour.

Or, dans la société moderne, il est beaucoup simple de satisfaire ces besoins primaires. Les êtres humains – femme inclus – sont par conséquents plus enclins à se concentrer sur le dernier objectif : l’accomplissement de soi.

Au XXIe siècle, même si la misogynie et le sexisme n’ont pas complétement disparus, les femmes ont beaucoup plus de choix. Et surtout, elles ont la possibilité de se concentrer sur elles-mêmes en tant qu’être humain.

horloge biologique et industrialisation - une histoire d'amour

Désormais, elles peuvent identifier le meilleur partenaire reproducteur au-travers d’un baiser (oui, c’est possible) et choisir de l’ignorer pour se concentrer sur leur passion. Avec la démocratisation de la contraception, elles peuvent dissocier sexualité et reproduction sans mettre leurs vies en danger.

Elles ne sont plus tenues d’avoir des enfants faute de protections médicales ou par manque d’options personnelles. Elles ont le choix. À vrai dire, à chaque moment de leurs vies, elles peuvent opter pour une voie A ou une voie B.

Dans le cadre d’une étude parue sur PubMed, 152 femmes âgées d’au moins 35 ans et sans enfants ont été questionné sur leur choix de non-parentalité. Leurs réponses étaient les suivantes :

  • l’absence d’un partenaire stable et fiable (50 %) ;
  • la recherche de la sécurité financière (32 %) ;
  • l’envie d’avoir un enfant est récente (26 %)
  • le désir de faire carrière (19 %) ;
  • la non-réalisation de l’impact de l’âge sur la fertilité (18 %).

Présentement, la maternité n’est plus une obligation mais une décision personnelle au même titre qu’un emploi.

Et à mon sens, c’est cela qui hérissent autant le poil d’un pan de la population.

Pour preuve : l’expression « horloge biologique » n’est même pas issu du jargon scientifique. En fait, c’est un journaliste un peu aigri sur les bords qui la conçue.

D’où vient l’expression « horloge biologique » ?

Tu croyais que c’est un médecin qui avait conçu cette expression ? Apprête-toi à tomber des nues.

Le 16 mars 1978, Richard Cohen, un journaliste travaillant pour le Washington post écrit un article baptisé The clock is ticking for the career woman. En français, cela signifie « L’horloge tourne par la femme carriériste ».

Il sera le tout premier à utiliser l’expression dont il est aujourd’hui question.

« Most [women] said that they could hear the clock ticking… … You hear it wherever you go… Like the ticking of the biological clock. »

Peu de temps après, ses propos seront repris par un autre journaliste, Ann Kirchheimer. Dans un papier publié par le Boston Globe, ce dernier dira :

« …the beneficiaries of the women’s movement, a first generation of liberated young ladies … who opted for careers, travel, independence rather than husband, home, and baby are older now and suddenly the ticking of the biological clock is getting louder and louder. »

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En français, cet extrait se traduit par : « les bénéficiaires du mouvement des femmes, une première génération de jeunes femmes libérées … qui ont opté pour la carrière, les voyages, l’indépendance plutôt que pour un mari, une maison et un bébé sont plus âgées maintenant et le tic-tac de l’horloge biologique devient de plus en plus fort. ».

Cher lecteur, étant donné que je respecte ta capacité à te faire ta propre opinion, je t’invite à lire toi-même les deux articles susmentionnés.

À titre personnel, j’y ai lu beaucoup de condescendance et du mépris non-masqué pour les femmes qui avaient choisi de ne pas être juste des mères ou des épouses.

Au vu de l’année (1978), je pense que M. Cohen et Kirchheimer avaient beaucoup de peine à accepter qu’après avoir goûté au travail durant l’effort de guerre, les femmes Américaines aient aspiré à plus de liberté.

Ceci dit, ce n’est que l’avis d’une femme que ces hommes auraient probablement haï avec la force de chacune de leurs cellules.

Est-ce que l’horloge biologique existe réellement ?

Oui et non. Oui parce que ton corps possède bel et bien une horloge et non car ce n’est pas celle à laquelle tu penses.

Bon… Je suis en train de te perdre. Attends que je partage rapidement mes découvertes sur le sujet.

Les horloges circadiennes : le seul tic-tac de l’être humain

Même s’il est capable de se rendre dans l’espace, l’être humain reste un animal comme les autres. C’est pourquoi toi, moi et les autres 7,5 milliards d’Homo sapiens de cette planète sommes dotés d’horloges circadiennes. Grosso modo, il s’agit de mécanismes qui nous poussent à nous réveiller le matin et à aller nous coucher le soir.

Toutes les femmes sont-elles faites pour être mères - pin it!

À aucun moment, les horloges circadiennes n’interfèrent dans la reproduction ou la parentalité. Eh non, ce ne sont pas elles qui t’expliqueront comment trouver le partenaire idéal ou te diront qu’il est temps d’avoir des enfants. Pire encore… Les seules vraies horloges biologiques du corps n’affectent pas les émotions.

Pourquoi tu ne devrais pas croire à l’horloge biologique

Tout simplement parce que même les fervents défenseurs de cette théorie n’ont jamais réussi à la prouver scientifiquement. À ce jour, il n’y a pas une seule étude qui prouve qu’à un âge donné, dans un environnement neutre, le désir d’enfant s’impose de lui-même.

En revanche, plusieurs recherches dont une menée à l’Université de Sauders ont prouvé que c’était plutôt l’exposition fréquente aux enfants qui faisait naître ce désir.

Pour faire simple, tes proches ont des enfants et à force de les côtoyer, tu rêves de devenir parent.

Pourquoi est-ce que l'horloge biologique est un mythe

Cela explique pourquoi neveux, nièces, cousins et enfants d’amis n’ont souvent que quelques mois ou années d’écart. En regardant, touchant ou sentant le parfum des nouveau-nés, femmes comme hommes ont le désir d’en avoir à leur tour. Cela expliquerait aussi pourquoi dans une société où la natalité est faible, les populations sont moins enclines à se reproduire.

En résumé : la prétendue horloge biologique qui pousse à devenir mère à tout prix n’est pas organique. C’est plus un diktat de la société qu’une réelle pression de l’organisme.

Quel intérêt y a-t-il à créer un concept tel que l’horloge biologique ?

Et là, tu te demandes sans doute pourquoi faire cela… Moi aussi, je me suis posé la question. À vrai dire, elle m’a même hanté pendant plusieurs nuits. Et puis, j’ai eu une illumination : c’est pour empêcher les femmes de se mettre en quête du bonheur véritable.

Avant de me traiter de folle furieuse, attends quelques secondes.

Combien de femmes connais-tu qui sont des relations pitoyables mais ne bougent pas d’un pouce ? Très souvent, ce qui les fait accepter pareilles situations, ce sont des arguments tels que « tu as fait X ans avec cet homme », « le mariage est difficile » et bien évidemment « à ton âge, tu pars encore où ? L’horloge biologique tourne et il vaut mieux un diable qu’on connaît qu’un ennemi dont on ignore tout ».

Alors, elles restent et subissent en silence pour se plier aux exigences d’autrui. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), une femme sur trois est victime de violences conjugales. Oui… C’est là la force des pseudo-théories telles que l’horloge biologique.

À force de répéter encore et encore aux femmes que leur corps leur impose la maternalité avant un certain âge, on les pousse à accepter n’importe quoi. Et ce n’est pas tout.

La théorie de l’horloge biologique a un autre avantage de taille. Étant donné qu’elle élève le désir d’enfants au rang de norme, elle empêche toutes formes de discussions sur les tenants et les aboutissants de la maternité. Ainsi, il devient plus facile de stigmatiser les « mauvaises mères » et de pointer du doigt celles qui n’ont pas d’enfants.

Avoir un enfant n’est pas une décision à prendre à la légère. C’est un engagement à vie aux côtés d’une autre personne. Rien ne devrait forcer quiconque à emprunter cette voie si elle/il ne le désire pas et surtout pas un concept éthérique.

Es-tu un fervent défenseur de l’horloge biologique ? As-tu été victime de ce concept ?

Tes réponses sont attendues en commentaires mais surtout, SURTOUT, abonne-toi à la newsletter pour être notifié par email dès qu’un article paraît.

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